La crise des prêts « subprime » :
Quelles causes ? Quels effets ? Quelles responsabilités ?
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A. PREAMBULE
Certains lecteurs nous ont posé plusieurs questions relatives aux prêts « subprime », du style :
· Pourquoi une crise immobilière typiquement américaine a-t-elle créé tant de pertes bancaires et financières à l’échelle mondiale ?
· Pourquoi des prêts immobiliers, accordés aux classes les plus faibles, posent-ils tant de problèmes aux financiers américains...
alors que ce projet s’inspire au départ d’une idée généreuse : « la pleine propriété de son logement, accordée au plus grand nombre » ?
· Pourquoi les banques centrales et les instances internationales (FMI, BRI) réclament-elles plus de transparence en matière d’actifs financiers ?
Nous rajoutons d’autres questions qui ne sont jamais évoquées :
· Quelles causes ?
· Quels effets ?
· Quelles responsabilités ?
La réponse à toutes ces questions permettra d’éclairer les seules pistes valables pour savoir : « Comment s’en sortir ? »
Pour placer de suite le débat en phase directe avec la réalité, il me paraît utile de rappeler que l’altruisme n'est sûrement pas le genre de « projet de Société » ou de « projet d'entreprise » que se fixe la Haute Finance, dans aucun pays, à aucune époque.
De plus, contrairement aux informations données en Europe par toutes les chaînes de télévision et par la plupart des « médias aux ordres », les prêts « subprime » étaient essentiellement accordés aux classes moyennes, et non pas aux classes les plus faibles. Cette présentation des faits n’était pas innocente : les banquiers européens reportaient sur « les pauvres », des gens inconséquents, toute la responsabilité de l’écroulement d’une pyramide des crédits.
Mieux, jusqu’en début octobre 2008 (la crise ayant entamé sa spirale infernale au deuxième trimestre 2006), tous les responsables politiques et toutes les banques prétendaient que cette « crise typiquement américaine » n’aurait que des conséquences dérisoires sur les résultats et sur les bilans de la Haute Finance européenne…
Mieux encore, ces mêmes « autorités », dont Madame LAGARDE-LALLOUETTE, ministre des Finances de la France, tentaient d’estomper les responsabilités de la Banque Centrale Européenne (BCE) et de tout le Système Européen des Banques Centrales (SEBC) en vantant les avantages tirés de « la protection de l’euro » et de la « vigilance des autorités monétaires au sein de l’Union européenne ». Que du bonheur pour les alouettes, volant si haut au-dessus de la mêlée !
B. Sémantique et principes américains.
Le terme « prime » correspond à une notation des individus dans leurs rapports avec la Haute Finance américaine. Cette notation est établie par des agences privées sur base d’une série de critères allant des études, aux contrats d’emploi, aux revenus, aux habitudes de consommation ou d’épargne, à l’utilisation des découverts autorisés et non autorisés, aux incidents bancaires, aux incidents de cartes bancaires… Tous ces critères, collectés par les banques et les assureurs, permettent à ces « privés » de fliquer les Américains en leur donnant une notation allant de 300 à 850. Les notes supérieures à 700 classent « les plus risqués », ceux qui, justement, n’ont jamais eu accès aux emprunts hypothécaires. La notation égale à 700 correspondait à la notation « prime », et donc les individus de cette catégorie pouvaient souscrire à des emprunts hypothécaires en subissant toutes sortes de pénalités : taux variables, taux d’emprunt élevés, commissions élevées.
Les titres « subprime » étaient toujours des titres hypothécaires sur des biens détenus par des « clients à risques » (certes, moins élevés) : leur « notation » moyenne était plus favorable (inférieure à 700 et généralement égale à 620). Un seul incident déclaré pouvait placer les clients dans une catégorie à risques plus élevés que la moyenne : une échéance « carte bancaire » rejetée, même pour un montant faible ou une contestation de frais bancaires pouvait donc les « déclasser ». A noter que le fichier des assureurs français permet à un agent et à un courtier d’assurance de résilier le contrat d’un client parce que ce dernier conteste sa gestion ou celle de sa compagnie : le client se retrouve sur une « black list » même s’il n’a jamais déclaré d’accident (et a fortiori, même s’il n’a jamais été déclaré responsable d’un accident). Les dérives du flicage sont déjà bien installées au sein de nos propres systèmes.
Pour se refinancer, les banquiers américains cédaient leurs titres hypothécaires aux « rehausseurs de crédits » (sociétés de refinancement hypothécaire), notamment à Fannie Mae (FNMA) et Freddie Mac (FHLMC) qui ont défrayé la chronique financière. Parallèlement, ils ont constitué des « valises de créances à risques » dans lesquelles ils ont placé d’autres titres et créances que les titres hypothécaires. La composition de ces « emballages cadeaux », que les financiers appellent la titrisation, furent proposés aux fonds communs de placement, aux banquiers étrangers et aux fonds de pension mais c’est Londres qui devint « la » plateforme de la mondialisation de ces « valises » en alléchant les acheteurs potentiels avec des rémunérations à deux chiffres.
Pourquoi des rendements à « deux chiffres » ont-ils pu être proposés aux « investisseurs » étrangers ? Pour deux raisons : les contrats de prêts à taux variable se sont multipliés, et les taux applicables à ces contrats ont doublé et parfois triplé (6% à 18%) suite à un durcissement de la politique monétaire de la FED et suite à l’application des clauses de « changement de classe de risques». Pour les petites créances du type des crédits par cartes bancaires, rajoutées dans ces « valises », les taux ont atteint des sommets (près de 30%) car le principe du taux usuraire n’est pas reconnu dans la plupart des états américains.
Une autre explication sur les rentabilités à deux chiffres l’emporte sur toutes les autres : connaissant bien leur marché, les financiers américains ont anticipé des « défauts de paiement » et bradé de plus en plus la vente de ces créances, destinées aux « valises ». Cette pratique du « jeu de la patate chaude » consiste - pour un établissement de crédit – à souscrire des contrats de prêt et de crédit malgré les risques inhérents aux emprunteurs et à leur capacité à honorer leurs mensualités de remboursement. Ils prenaient les risques (et les commissions exorbitantes de placement) mais se débarrassaient immédiatement de ces créances en les revendant aux rehausseurs de crédit, puis de plus en plus aux futures victimes de ce système en inventant les « produits dérivés ». Ce sont ces « innovations financières » qui ont mis en difficulté la Haute Finance, américaine et principalement européenne (banques, groupes d’assurance, OPCVM et même Fonds de Pension).
Dans leurs relations financières, les financiers ont gardé le « bon vieux système » des notations des emprunteurs dans les catégories A, B et C en y accolant trois signes positifs (pour les meilleurs emprunteurs) ou négatifs (pour les plus mauvais). Les banques utilisent aussi les notations AAA et CCC pour coter les multiples « produits dérivés », notamment les ABS (Asset-Backed Secutities), les RMBS (Residential Mortgage-Backed Securities), les CMBS (Commercial Mortgage-Backed Securities) puis les CDO (Collateralised Debt Obligation) dont la vocation est encore plus « vaporeuse »…
En effet, des sociétés spécialisées ont été créées pour fabriquer et revendre ces « valises de risques » : elles sont désignées sous le vocable de SPV (Special Purpose Vehicule) et elles ont été (presque toutes) localisées dans des paradis fiscaux. Les emprunts réalisés par ces SPV étaient désignés par le vocable CDS (Credit Default Swap) ; ils étaient censés dégager des bénéfices en « arbitrant » les évolutions de plusieurs titres et créances d’origines différentes. Ils pensaient assurer ces « valises de risques » (collateralized) en faisant des choix équilibrés au niveau de la rentabilité et de la sécurité de ces titres financiers très diversifiés (titres hypothécaires, Bons du Trésor, contrats de change, par exemple).
A ce stade, la Haute Finance a donc « changé de planète » : sa mission principale était de faire « des prêts à l’Economie » ; désormais, elle prend des risques qu’elle « refile » aux gérants de fortunes et à d’autres financiers de second rang. Pour ce faire, elle camoufle ces risques dans des « véhicules » qui gèrent des « valises de risques » dont personne ne connaît le vrai contenu (sauf l’emballeur), et elle « gare » ses « véhicules » dans les paradis fiscaux, à l’abri de la curiosité des agences de notation, des sociétés de révision comptable (grandes maisons d’audit et de certification des comptes) et des Autorités Monétaires et Financières, chargées de « surveiller » les établissements de crédit faisant appel à l’épargne du public.
La messe est dite : il faut maintenant « rentrer dans le réel » pour bien comprendre d’où vient ce changement de cap, et surtout pour « voir » où il nous conduit.
C. Quelles causes ? L’Economie Réelle et la Monnaie, ou comment faire une (bonne) soupe ?
Il existe une Economie Réelle (des entreprises, des salariés, des capitalistes, des technologies, des machines, des logiciels, des organisations complexes, une discipline indispensable...) qui produit chaque année un ensemble de biens et de services réels (Produit Intérieur Brut).
D’emblée, il faudrait donc exclure la Haute Finance dont la mission est désormais de dépouiller toute l’Economie Réelle. C’est bien sûr une position qui est évacuée par tout ce beau monde, au point que J.C TRICHET parle systématiquement de « l’industrie financière », des « innovations financières » et de l’immanquable « solidité du tissu financier européen », une sémantique qui prouve que nous « touchons » une corde sensible en évoquant ce sujet. En effet, la Haute Finance n’est pas une « industrie » et donc, elle participe à la (mauvaise) répartition des valeurs ajoutées du PIB mais sûrement pas à sa création. Du moins dans les conditions actuelles.
Pour bien comprendre la perversité de ce système des banques centrales « indépendantes », faisons un petit tour dans la cuisine de la famille TOUTLEMONDE. L’Economie Réelle a besoin de matières premières à transformer, qu’elle produit ou qu’elle importe, et de travail incorporé (sous toutes les formes possibles, mais de plus en plus sous la forme de travail incorporel)… Elle a aussi besoin de liquidités (de la monnaie) à chaque stade, allant des processus de la transformation aux stockages (toutes les étapes), à la distribution et à la consommation. Elle intègre de la même façon des processus de transformation de services les plus divers, notamment avec du travail incorporel, autrement dit « du jus de cerveau ».
En réalité, la monnaie remplit le même rôle que l’eau dans la fabrication d’une (bonne) soupe et, donc, les mêmes règles devraient s’appliquer à l’Economie Réelle en prenant en compte que, si l’eau est indispensable (la monnaie), le cuisinier doit l’utiliser à bon escient en respectant de justes proportions : pour un kilo de légumes et un kilo de viande, deux litres d'eau suffisent largement.
Le même principe devrait s’appliquer à l’Economie Monétaire et donc, s’il n’est pas appliqué de façon rigoureuse, cela conduit à des dérives, et à un système d’Economie Monétaire Dérivée… qui débouche toujours sur le drame des populations… depuis des millénaires…
En effet, dans l'Economie Réelle, la production de légumes et de viande (pour la soupe, ou pour le PIB) nécessite beaucoup de travail, de savoir-faire et d'organisation tandis que la Monnaie est de plus en plus facile à fabriquer depuis que nous sommes passés de l'ère des pièces en or et en argent aux pièces en métal vulgaire, puis aux billets en papier, puis à la monnaie électronique constituée de comptes bancaires, des cartes bancaires, des refinancements binaires (informatiques) accordés par nos banques centrales actuelles…
En clair, c'est de plus en plus facile de fabriquer de la « fausse monnaie légalisée » : cette monnaie est « légale » mais « fausse » car elle vient de nulle part : elle sort d'un chapeau d'illusionniste, et elle nécessite aujourd’hui ZERO travail.
Quand ce pouvoir-là est dans les mains d'un monarque, il en fait ce qu'il veut : pour son bien à lui, pour ses gens d'armes (oppression), pour ses juges (répression), pour ses collecteurs d'impôts (racket) et pour ses courtisans (des parasites). Autrement dit, les peuples ont rarement bénéficié des largesses de leurs monarques (un doux euphémisme).
Dans notre système actuel, ce sont les bancassureurs qui sont les rois : ce sont eux qui collectent l'argent du public et qui demandent à la BCE (en zone euro) de fabriquer toujours plus de « fausse monnaie » (refinancements et planche à billets).
Bien évidemment, les bancassureurs font ce que tous les monarques ont toujours fait : ils se comportent comme des faussaires, et ils achètent tout ce qui bouge (biens réels) avec de « la monnaie de singe » qu'ils n'ont même pas gagnée...
Avec ces règles-là (escroquerie en bande organisée), les bancassureurs sont rapidement devenus les « Maîtres du Monde » : ils ont acheté le Pouvoir (politique et administrations centrales), et ils ont dicté les lois qui leur conviennent.
Pour ce faire, ils ont inventé une nouvelle religion et de nouveaux dogmes, que « les médias aux ordres » et les économistes lobbyistes ont baptisés sous le vocable de : « Lois du Marché ».
Avec les privatisations, les subventions et les exonérations, les grands groupes européens (dont la Haute Finance a pris le contrôle) retirent les légumes et la viande, destinés à fabriquer une bonne soupe.
Pour aider la Haute Finance dans son œuvre de prédation, les banques centrales prennent leurs actifs en pension et leur fournissent des liquidités aux taux les plus bas : l’eau remplace les ingrédients, destinés à créer des valeurs ajoutées réelles. Adieu la bonne soupe !
A cause de ce système de l’argent facile (fausse monnaie) et surtout à cause de sa mauvaise répartition (tous les prêts et crédits sont consanguins), la Démocratie devient vite un très vieux souvenir, au point qu’ARISTOPHANE avait introduit une distinction (toujours d’actualité) entre la Démocratie et la Ploutocratie. Ce « pouvoir des nouveaux riches » a d’ailleurs été repris par ARISTOTE comme un concept à part entière sous le terme de « Chrématistique » (art de fabriquer des richesses individuelles avec de l’argent, vu sous l’angle de fausse monnaie).
Grâce à ce système, les grands bandits de notre époque n’ont pas besoin d’entretenir des mercenaires en armes pour piller les pauvres gens ou pour terroriser d’autres peuples : ils se sont tout simplement reconvertis en faussaires, et ils entretiennent leurs courtisans grâce à la mise en place d’un système de Haute Corruption.
D. Quels effets ?
Au fil du temps, la soupe de la famille TOUTLEMONDE (Economie Réelle) est de plus en plus « arrosée ».
Il y a donc un double effet : un effet d’illusion et un effet pervers.
L’effet d’illusion est facile à comprendre : la monnaie (de plus en plus) abondante joue le rôle de l’eau versée de façon outrancière dans la soupe de la famille TOUTLEMONDE. Les PIB des années 2009 et suivantes vont donc « redécoller » fictivement, et les alouettes en tout genre vont sans cesse nous annoncer le retour du printemps.
L’effet pervers est bien plus alarmant : la soupe devient insipide et, surtout, elle n'apporte plus les vitamines indispensables aux membres de la famille (la nation). Les plus faibles meurent ou tombent malades tandis que les plus forts résistent en puisant dans leurs réserves naturelles. La famille (la nation) perd sa force de travail, son enthousiasme, son esprit d’entreprise et même son esprit de solidarité. Au fil du temps, la délinquance et la criminalité se développent... et l’Etat policier se met en place.
C'est le cercle vicieux qui s’installe... Plus la misère s’installe, et plus les gouvernements mettent de moyens importants au service de l’oppression et de la répression. Les Grecs (hors Sparte) ont connu ce système à partir du V° siècle avant notre ère, et nous le vivons de plus en plus, de la même façon. Or, pour mémoire, c’est avec ce système de l’argent facile et de l’oppression - répression, que les Grecs ont également fait disparaître leur propre civilisation en moins de cinq générations. En bref, nous sommes en train de nous autodétruire de la même façon, avec les mêmes moyens et avec les mêmes acteurs.
E. La crise des « subprime » ?
Revenons à la famille TOUTLEMONDE.
En effet, les bancassureurs ayant acheté le maximum de biens réels (foncier, immobilier, métaux précieux, matières premières, métaux non précieux, énergies, produits agricoles) et de plus en plus d'actifs financiers (actions, bons du trésor, obligations), tous les prix se sont envolés.
Même les terres et la maison de la famille TOUTLEMONDE ont augmenté en valeur nominale (en fausse monnaie, en soupe insipide) mais la famille n'a plus les moyens d'acheter du matériel, des semences, du bétail... Et elle n’a plus la force de travail…
Comme la monnaie est surabondante, les bancassureurs prêtent de l'argent à la famille TOUTLEMONDE en hypothéquant leurs biens... Pas grave! Au départ, leur patrimoine valait 200.000 dollars, et ils ont obtenu un emprunt de 200.000 dollars. Deux ans plus tard, le même patrimoine vaut 400.000 dollars (faux dollars), et ils empruntent 100.000 dollars en plus, pour consommer, notamment des biens et services de loisir, et même des biens de luxe. Normal, ils sont devenus riches ! Leur endettement total passe à 300.000 dollars mais la famille TOUTLEMONDE est toujours « en positif »: +400.000$-300.000$=+100.000$. Et elle vit comme des riches, au-dessus de ses moyens car la vente de la soupe ne rapporte plus grand-chose.
La soupe ? Elle vient maintenant de chez WAL-MART. En bref, elle vient de Chine, d’Inde, de Turquie, du Maghreb… donc des nouveaux marchés d’esclaves! C’est tellement vrai que toute la Grande Distribution de biens (et services) de consommation et de biens durables réalise plus de 40% de son chiffres d’affaires (et plus de 60% de ses profits) avec des produits et services de « marque distributeur ». Les multinationales ne sont pas en reste : elles délocalisent leurs productions qu’elles importent à bas prix pour tirer le maximum de marges sur les marchés… qui les ont vu naître et grandir grâce aux subventions publiques et aux exonérations fiscales et sociales de toutes sortes.
La soupe importée est bien moins chère. Normal, elle est fabriquée grâce aux nouveaux esclaves des nouveaux « ateliers du monde ». Même les pauvres (qui n’ont plus de travail mais des allocations publiques) arrivent à trouver des produits de survie : des produits « pas très bons pour la santé »… mais des « produits à bon marché ».
Dans l’Economie Financière, à la vitesse où la fausse monnaie rentre sur leurs comptes, les bancassureurs achètent et revendent les mêmes biens réels toujours plus chers. A partir des années 1980, ils inventent de nouveaux jeux de poker pour jouer entre eux... Mais, entre eux, il n’est pas question de jouer avec de la fausse monnaie : tous les joueurs savent cela, ils veulent tous jouer « pour du vrai ». Alors, le bancassureur de la famille TOUTLEMONDE met sur la table de poker l’acte d’hypothèque du patrimoine familial. Puis, il met « sur la table » des actions, des obligations, des bons du trésor et d’autres contrats « réels » dans une « valise de créances à risques »… Puis, il met un papier qui certifie que la valise est dans un coffre fort…
Au fil du temps, personne ne sait plus chiffrer la valeur de ce papier parce qu’elle dépend de la valeur de la valise… Or cette valise est maintenant dans le coffre-fort d’une autre banque… qui rapidement déclare qu’elle détient un autre papier certifiant que la valise est maintenant à New-York. Non, de New-York, elle est passée à Londres, puis de Londres, elle est passée dans les « îles paradisiaques » (paradis fiscaux) où un nouveau « véhicule financier » vient d’être créé avec un statut de « secret défense »…
En clair, plus personne n’a intérêt à dévoiler l’endroit où se trouve la valise… ni surtout combien elle vaut vraiment…
Au sein de l’Economie Réelle, les dégâts occasionnés par une inflation invisible (faux chiffres publiés par les banques centrales) sont maintenant tangibles.
La famille TOUTLEMONDE n’arrive plus à rembourser ses échéances et, dans la région, mille propriétés ont déjà été mises en vente par les bancassureurs : les prix des propriétés sont maintenant en chute libre… La famille TOUTLEMONDE est mise à la rue… mais la vente de sa propriété ne « rapporte » que 100.000 dollars nets aux enchères (frais démesurés). La famille TOUTLEMONDE est non seulement à la rue, mais en plus elle est poursuivie pour une dette de 300.000$, plus frais, plus – plus… Le goût du sang attire tous les piranhas, même les représentants de la Justice…
Le bancassureur est dans les choux, lui aussi, mais l’Etat va le sauver… Le système néolibéral aurait pu être enterré définitivement en 2008 mais nos politiciens ont voulu qu’il survive, sans rien changer. Or, il fallait couper plein de têtes, et prendre les rênes de ces monstres affaiblis pour les remettre au travail sur des bases saines!
C’est évident pour nous tous, sauf pour eux qui ont tout intérêt à ce que ce système survive. Même les dirigeants chinois sont très « attachés » aux banques et aux paradis fiscaux ! Dans l’esprit de l’Idéal Communiste, sans doute.
Les bancassureurs ne survivront pas à leur propre cupidité. Nos politiciens n’y survivront pas non plus!
Arrivés à ce stade, nous sommes tous face à un avenir noir : une grande guerre dévastatrice? La misère des années 20 ? La mort rapide de notre civilisation ?
Seul, un homme providentiel pourrait éviter l’irréparable ; il devrait être capable de balayer tout un système, bien cadenassé par les « irresponsables » politiques et par les Hauts Fonctionnaires. Tous ces « grands acteurs » (courtisans) sont bien au chaud dans toutes les institutions nationales et internationales, mais aussi dans les multinationales… où ils font leur boulot de Haute Corruption (pudiquement appelée « lobbying »). Pourquoi voudriez-vous que cette nouvelle bourgeoisie internationale veuille « changer le monde » qui leur procure tant de confort ?
F. Où est l’erreur ?
Trop de monnaie ! Trop de liquidités tuent les liquidités : les pertes de la Haute Finance mondiale sont aujourd’hui estimées à 3.400 milliards de dollars dans le monde (estimation en septembre 2009) : c’est près de 50% de ses fonds propres.
Selon le FMI qui fait régulièrement ces chiffrages, la crise serait derrière nous (révisions à la baisse de ces pertes) mais les nouvelles vont de plus en plus dans le sens de « la grande dépression », celle qui surpasserait la crise de 1929.
Les arguments de ces mauvais augures ? Trop de crédits (entre trois à quatre fois le PIB mondial) vont engendrer des provisions irrécupérables dans leurs comptes d’ici 2010 à 2015. Les défauts de paiement vont sûrement doubler les pertes de la Haute Finance… ce qui, par une mécanique des ratios, va conduire à une réduction des « prêts à l’économie » de plus de 50.000 milliards de dollars, pas loin d’une année de PIB mondial (pour 6.800 MD$ de pertes au sein de la Haute Finance). Et bien plus si…
« Quand il y a trop de monnaie en circulation, elle déborde ! » C’est Adam SMITH lui-même qui nous avait prévenus, il y a cent-cinquante ans. Quand on met trop d’eau pour faire une soupe, elle déborde aussi.
Mieux, on finit par la jeter !
C’est exactement ce que l’on fait ! Et c’est exactement le risque que courent toutes les monnaies, y compris « l’euro protecteur » qui est en train de mettre à la rue des pays entiers (Grèce, Portugal, Italie, Espagne, Irlande).
Le même sort s’est abattu sur l’Islande… et peut-être bien sur le Royaume-Uni…
Le Japon, de son côté, n’a toujours pas retrouvé le chemin de la croissance depuis que ses banques et groupes d’assurance ont « bénéficié » de la « libéralisation de l’Economie ». Depuis 1990 – 1991, il est entré dans une grande crise et, en 2010, il est toujours en crise ! Il est peut-être même engagé dans une débâcle économique après avoir livré son savoir-faire et ses connaissances pointues à son grand voisin chinois… qui lui « vole » au jour le jour ses derniers atouts en matière de leadership technologique (notamment grâce à un espionnage industriel bien organisé).
G. Quelles responsabilités ?
Les grands responsables de ces crises à répétition, ce sont les banquiers centraux. Ce sont eux qui ont créé tant de fausse monnaie.
La crise des prêts « subprime » ne devait en aucun cas avoir de telles conséquences en Europe ; mieux, cette crise sert d’alibi pour camoufler les « vols en bande organisée » faits avec la complicité des banquiers centraux, et leurs « pratiques de faussaires ». Et donc, quand (et non pas si) un grand procès sera ouvert contre J.C TRICHET et contre tous les membres du Système Européen des Banques Centrales, l’Europe pourra (peut-être) éviter sa dislocation et sauver l’esprit d’une « monnaie commune », gérée avec une philosophie de création et non pas de destruction de richesses nationales. Or, pour reprendre l’esprit de notre ouvrage sur le néolibéralisme, une nation doit d’abord favoriser la création de richesses immatérielles avant d’obtenir des créations de richesses matérielles (à bien gérer).
Les autres grands responsables sont les personnels politiques et administratifs de l’Union Européenne qui ont « vendu » la souveraineté de l’Etat à la Haute Finance, aux lobbyings des multinationales et aux Hauts Fonctionnaires. C’est le deuxième grand procès qui devra être ouvert sans concession contre les « irresponsables » politiques, contre les commissaires européens, et surtout contre tous les présidents de la Commission Européenne qui ont donné des bases aussi autodestructrices à l’Union Européenne.
Les sociaux démocrates, de droite comme de gauche, devront s’expliquer, eux aussi, pour avoir « libéralisé » tous les secteurs économiques et financiers, puis pour avoir imposé le Traité de Maastricht qui nous a finalement conduits à ce Traité de Lisbonne… pour nous livrer une Europe tricéphale (Président de l’U.E, Président de la Commission et Présidence Tournante) sans pouvoirs et sans projets.
Pour terminer sur une note optimiste, nous avons aujourd’hui toutes les connaissances et tous les moyens pour « changer les choses » très rapidement.
En Europe, il nous manque une volonté politique (de fer) capable de détourner notre civilisation de sa route suicidaire actuelle.
A contrario, sans utiliser les bons leviers d’action, la volonté politique ne suffirait pas ! Ce n’est donc pas avec les courtisans actuels que l’homme providentiel trouverait et mettrait en place ces « leviers d’action».
L’espoir est mince !
Merci de réagir, et surtout de faire réagir le plus grand nombre d’entre nous,
ALTER-EUROPA
Pour une Autre Europe…
Et (bien sûr) pour un Autre Euro…
JUNON MONETA
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